mardi 4 juillet 2017

Où Les RIAS sont "Echappée" du PNR des Monts d'Ardèche





"Le privilège d'être vivant", de Sébastien Camboulive, projet exposé à  Saint- Apollinaire-de-Rias, en grande salle municipale des Baraques, à partir du 4 Juillet à 18h, dans le cadre d'un partenariat avec le Département et le PNR des Monts d'Ardèche (cf ci-dessous)



Un partenariat qui s'articule au beau projet "Partage desEAUX" 

"LE PARTAGE DES EAUX est un projet du Parc naturel
Régional des Monts d’Ardèche, réalisé en partenariat
avec la communauté de communes de la Montagne
 d’Ardèche, le Syndicat mixte de la Montagne Ar-
déchoise et avec le  soutien de  toutes les instances
dont le logo figure ci-des
sous ou en bas  de l’affiche ci-dessus...



C'est Sébastien Camboulive, artiste bien connu des Rias et avec lequel nous travaillons depuis des années, qui a la responsabilité de ce travail.


"Le Privilège d'être vivant" répond à sa façon à notre demande -  demande qui comme le Ponton de Didier Tallagrand tend à nous aider à mieux voir la nature, le poids et les conséquences probables des bouleversements climatiques en cours... Un travail de réflexion systémique à partir d'observations, d'analyses, d'études,  d'analyses conjuguant sciemment divers angles d'approche - scientifiques, artistiques et philosophiques - avec toujours la priorité donnée à l'humain et à la vie sur cette planète.


Le poids de l'art dans la connaissance précédant  souvent, en problématiques émergentes, celui de la mise en mots et de sciences qui nécessitent en préalable la formulation d'hypothèses...


Arts plastiques, poésie, théâtre (et danse) ont toujours été, ne serait-ce que par la distance créée au réel qui offrait la distanciation nécessaire à toute réflexion,  à la base du développement des civilisations...


A l'inverse, la "disruption"(cf Stiegler) - distance/cassure/blessure  sinon infirmité engendrée par un numérique dont les procédures, processus, bases et "banques de données" (Ah les big data!) ne sont plus accessibles aux utilisateurs contraints de les utiliser. Il n'est que de voir la panique créée chez les parents de collégiens ou bacheliers sortants devant inscrire leurs jeunes en lycées ou dans l'enseignement supérieur. Un vrai parcours du combattant! Heureusement qu'en lycées, universités et grandes écoles les chefs d'établissement et personnels se sont mobilisés pour informer, rencontrer et rétablir l'humain...


Quand, par ailleurs, le "couac informatique" a eu bon dos pour masquer le manque de places dans, notamment un enseignement supérieur dont on ne peut que se féliciter qu'il attire les jeunes.


Pourtant des aspects intéressants dans des logiciels qui fournissent un support cohérent et pratique pour l'organisation des jeunes retenus qui passent de la vie de lycéen à celle d'étudiant


Autrefois on pouvait s'inscrire à la fois dans deux établissements - par exemple aux Beaux-Arts et à Sorbonne - même si par ailleurs on était aussi obligé de faire des "petits boulots"-  et gérer avec souplesse, ne serait-ce qu'en se faisant passer par des amis des notes du cours auquel on n'avait pu assister... De telles pratiques peuvent-elles encore trouver une place dans un système aussi codifié et monovalent?




Que vont proposer les enseignants du Supérieur? Une année "propédeutique" permettant de former à la vie universitaire, d'acquérir une nécessaire culture générale en tous domaines -y compris artistiques et philosophiques, mais aussi méthodologique (être capable d'écrire un mémoire dans la discipline choisie...) ? Il faudrait des locaux, des horaires aménagés, sinon individualisés aussi, il faudait former des enseignants du supérieur et des lycées à cette tâche, des enseignants- psychologues... Rien n'est plus difficile que d'aider de jeunes adultes à concevoir un projet personnel après un échec ou une interruption non voulue dans les études et/ou le travail. Aider à une revalorisation de l'estime de soi nécessaire à la possibilité d'implication  dans la visée et la constitution d'un nouveau projet.


Un immense champ ouvert à la réflexion, l'humanisation des pratiques du numérique. Ce qui suppose d'abord une réflexion sur des objectifs à la fois cognitifs, sociaux et politiques.


Et peut-être un travail avec des artistes.


Quand les capacités de structuration temporelles et spatiales, mais aussi artistiques, de Sébastien Camboulive font revivre la mémoire d'une expérience des plus difficiles à l'Université de Montpellier. Développer des travaux pratiques et enseignements artistiques pour permettre à ces nombreux exclus de l'entrée à l'Université ou des études en cours de pouvoir ensuite ré-aborder ce cycle avec succès... Des faire qui apprennent et revalorisent une indispensable estime de soi mise à mal par l'échec!


Des enjeux humains et sociaux à ne pas négliger.


Education populaire ouvrant les voies de l'autonomie et de l'implication sociale en tant que sujet, ou formatage d'un consommateur notamment d'informations "grand public" où les détails (non analysés) de la vie personnelle remplacent toute analyse des choix  politiques, sociaux, philosophiques, éducatifs...


Tout ça pour dire que l'art et la culture ont un rôle fondamental à jouer pour une prise en compte de l'humain, et que les réductions des moyens auxquelles sont confrontées les structures associatives (qui entre autres actions, développaient réflexion sur le numérique, la vie...et aidaient ainsi chacun à se construire ) ne peuvent aller qu'à l'encontre de la vie de chacun et de la sécurité de tous...


Rien à voir avec le travail de Camboulive ? Personnellement, je pense que si!


(à suivre...)














lundi 11 juillet 2016

Comme les Mousquetaires

Ou comment plongeant dans le passé en s'accrochant à une image donnée  par  Paulette sur  laquelle  nous avons écrit  ou  fait  écrire, 






Où Fatima fait dialoguer des anciens d'un ici de l'époque  de la jeunesse de  Paulette. 



           



"Comme les Mousquetaires" de Fatima Mana   d'après une photo de Paulette Vignal....


Ils sont quatre comme les Mousquetaires, inséparables depuis l’enfance. Imprimée sur leur chemise blanche la joie de se retrouver le dimanche, enchevêtrée au repos bien mérité. Plantés en rang parfait devant le bar, un objectif de hasard saisit l’instant. Derrière eux, s’enfile une rue qui se perd dans sa continuité. La campagne toute proche moissonne sa saison.  Fanions et musique pris dans les filets du vent arrosent les ruelles de bonne humeur. Le quotidien du labeur se déshabille et abandonne ses nippes sur les pavés. A quelques pas de nos compères, deux connaissances que le hasard vient de croiser, s’attardent mains dans les poches, et refont au milieu de la rue le monde à leur portée.

C’est le Paul, de la ferme des Balais qui attaque la conversation le premier.

- Tiens l’Emile…Comment tu vas ?
- Et la mère avec ses soixante dix ans bien sonnés… Toujours en forme !
-T’as vu le prix du blé… Il vient de dégringoler !
- Si c’est pas malheureux alors qu’on trime toute la sainte journée pour y arriver !

Emile que le désœuvrement –dimanche oblige, rend bougon, ne se fait pas prier pour rentrer dans la conversation et l’occasion de tuer le temps –c’est toujours ça de gagner !

- Et toi la santé ça va ?

Pas de curiosité malsaine mais un intérêt tranquille habite sa voix.

- Tu sais bien que ce sont ceux de là-haut qui tirent toutes les ficelles
 - c’est toujours la même chose, nous pauvres paysans, on ne fait que subir !
- A croire qu’il faut toujours se battre, que ce soit hier pour un autre ciel, ou aujourd’hui pour notre blé, on’ a pas fini de se donner rendez-vous  au carrefour des résistances pour lutter!
- Et puis t’as vu, même la planète en perd la tête !
- Un déluge par ci, un ouragan par là –il manquerait plus que la grêle s’y mette et nous serions dans de beaux draps !
Parce que chez moi, la batteuse n’est pas encore passée… !

Paul :

- Heureusement qu’on’ peut pas commander la météo, parce qu’avec la politique du chacun pour soi, tous voudraient la part de soleil qu’ils n’ont pas, et alors là les guerres…
- Paraît même qu’elle se réchaufferait dangereusement notre terre et que les océans seraient prêts à la noyer…tu imagines !
- Mais Demain c’est loin !
- Pas tant que ça tu sais…Qu’ils continuent bien avec leur bêton planté de partout !
- Et oui mon pauvre, la terre n’en peut plus de boire la bêtise humaine, alors si elle se mélange à la mer je te dis pas !

Emile, air malicieux et sourire coquin aux yeux, s’aventure sur un terrain plus léger :

- En attendant la mer, tu viens, je te paie le canon !
- Alors comme ça, toi aussi tu fais un petit tour de distraction !

Paul s’attarde un instant rêveur, regard arrêté sur la femme élancée qui vient de les croiser, digne d’un magasine de mode :

- Quel beau brin de fille quand même cette Juliette,  dorée à souhait !
- Je te le ‘fais pas dire !
-Et qu’en tu penses que ça a épousé le fils du Marcel, un moins que rien celui là, et en plus sans un sou vaillant !

Emile :

Bon, on le boit ce canon !

Tous deux s’avancent jusqu’au niveau du café, puis s’y engouffrent, suivis de près par nos quatre copains qui évoluent depuis qu’ils se sont retrouvés, sur la nonchalance dominicale. Tout ce petit monde se mélange autour du comptoir et puise dans les mots de tous les jours pour arroser la discussion.

Juliette quant à elle, marche au milieu de la rue comme si le monde lui appartenait, l’esprit léger, du moins c’est l’impression qu’elle donne. Pour une fois, qu’elle a osé prendre du temps qu’il faudra évidemment rattraper… Elle a bien l’intention d’en profiter ! Un peu d’amusement ne fait de tort à personne pense- t-elle, et puis avec sa sœur à ses côtés, elle ne risque rien

La sœur :

- Est-ce que tout va bien chez toi ?
- Tu m’as l’air un tantinet remuée !

Juliette :

-Oh tu sais, je fais avec… Il en invente toujours d’autres mon drôle !
Figure-toi que pas plus tard qu’hier, il s’est mis en tête de vendre notre ferme… Tu imagines, qu’allons nous devenir ?

La sœur :

Oh mais tu as ton mot à dire ma belle, l’époque des femmes aux bouches cousues est révolue !

Les deux sœurs sont subitement avalées par la foule qui arrive de tous les côtés, la discussion s’arrête net.

Sur la droite, un fouillis de bicyclettes, appuyé contre un mur de pierres séculaires, attend et  témoigne du monde présent.
Les vélos se reluquent… La concurrence est rude.

- Non mais dis  donc toi, avec tes pneus tous crottés, ton proprio aurait au moins pu prendre le temps de t’astiquer un jour de fête, et en plus, quelle puanteur… Non mais tu sors d’où ?
- J’arrive tout droit de la source de la Dunière et crois moi, dévaler un chemin plein d’ornières et de boue, ça vaut son pesant de courage surtout quand on a un casse-cou aux guidons !

Coincée au milieu des rayons, une voix enrouée tente de se mêler à la conversation :

- Moi si j’entends bien que la planète ne tourne plus rond, je n’y suis pour rien !
- Regarde, pas un moteur aux environs, on dirait qu’ils se sont donnés le mot !
Ah mais tu rêves ma belle,  ne crois surtout pas que ce soit une histoire de prise de conscience qui aurait germé d’un coup face à la pollution à outrance que nous subissons !
-Tu sais bien répond son copain, tous autant qu’ils sont, ils veulent d’abord du vent fou dans leur dos et des chemins remplis de coquelicots pour cueillir un peu de liberté histoire de se rassurer!
- Et nous on attend bien sagement que tout ce petit monde ait fini de s’amuser pour rentrer… Et je te dis pas, selon son état on risque même d’atterrir dans le fossé avec une roue voilée en prime !
Au fait, demande l’un des vélos du premier rang, avez-vous déjà pédalé jusqu’aux orgues de Combier ?
- J’avais jamais vu ça…C’est un endroit extraordinaire qui bavarde avec le vent !
- Bon, écoutez dit une vieille bicyclette dont le cadre ne tenait plus que par son nom, il est temps de rentrer… Regardez, la nuit vient de tomber et son ombre dévore déjà les rues !
- Une idée vient de me traverser… Pourquoi ne prendrions-nous pas la clé des champs histoire de leur montrer ce dont on est capable même avec seulement deux roues !

Si personne n’assista au départ groupé des bicyclettes, leur disparition subite fit l’objet d’une merveilleuse légende que l’on brode encore aujourd’hui à la veillée.


                                                                                                                          Fatima Mana 



jeudi 30 juin 2016

Parcours d'art et de randonnée

Deux faces mutuellement enrichissantes et valorisantes
- la randonnée permettant d'autres découvertes, notamment quant aux lieux, à l'habitat, à l'agriculture, à l'histoire - cf à cet égard les très beaux blogs de Jean-Marie Mengin. (1)

- la découverte des oeuvres d'art.  Sans oeuvres d'art, le parcours n'aurait pas existé. Mais sans le parcours de  randonnée au balisage exemplaire, la découverte des oeuvres d'art serait beaucoup plus difficile.

Cf la carte du Parcours d'art  tracée par J-M.Mengin

Et le balisage du parcours réalisé par le groupe de travail.




                                   

                             


Deux  parcours aussi inséparables que les deux  faces d'une pièce de monnaie, avec une lisière que la conférence d'un représentant du museum en  avant-première  des journées du patrimoine devrait encore lier..

Jacqueline Cimaz

_________________

1 . Dans les blogs dédiés, orientés  partage:

Les Blogs/livres de J-M.Mengin, : blogs  dédiés par leur auteur à la restitution  de  randonnées  en  GR  ou de carnets  de  voyages (toujours  la création de biens communs...)  (16055 visites au 27/09/2015, 29637 le 01/05/2016 à 14h... soit une moyenne de consultation de 1940/mois ou plus de 64/jour...

Détail ou les blogs à connaître (statistiques des consultations au 10/10/2016:

-GR :
-Camino francès    12454
-GR5/E2, mer du nord/méditarranée   5441
-GR7 Vosges-Pyrénées    3480.
-GR9.Jura-Côte d'Azur    2805
-GR46.Touraine-Quercy   1725
- Autres GR Vosgiens     2648
- Autres GR Jurassiens    1473
- Autres GR du Massif central   Une très belle écriture numérique - toujours plus travaillée (cf couleurs & mise en pages)  646

-Carnets de voyage :
-Carnet de voyage 1, 1972-1988   2393
-Carnet de voyage 2  1989-2001   1653
De Yougoslavie en Tunisie, à diverses époques, en passant par Italie, Suisse,         Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, Irlande...
- Carnets de voyage 3  2002-2011  886
- Carnets de voyage 4    578


- Utilitaire et militant, le blog-herbier réalisé à partir des données de  Christian Giroux sur les plantes d'ici. Une mise en blog de de  Jean-Marie Mengin, expert en la matière. (900)

Soit un total de 37272 visites au 10/07/2016)

Un nombre non négligeable de visistes renvoyant à des lectures qui immergent le lecteur dans la randonnée et/ou le voyage et sa mise en mots et en images, en écritures complexes...

Pour l'ouverture de l'espace public numérique (EPN) et de la grande salle les autres jours que les mardi et jeudi, appeler le 0415580957 ou le 0676577070 ou le 0475845834 ou le 0664530776 (accueil de préférence entre 17 et 19h ou en début d'après-midi...)




Qu'est-ce qu'un parcours d'art à Saint-Apollinaire-de-Rias?

Les réponses recueillies à cette question :

- Un parcours d'art est conçu et/ou se construit pour faire découvrir des oeuvres d'artistes sinon dans la "Nature" (un concept mis à mal par G.Canguilhem dans son cours sur l'idée de nature [années 60-69 Sorbonne, cours de licence, maîtrise ou  DEA... de philosophie...]),  du moins dans l'environnement - un environnement qui peut d'ailleurs être rural (en sentier peu fréquenté ou jardin travaillé) ou urbain ou mixte... (1)

Chaque oeuvre, et le Parcours dans sa globalité,  interrogent  les rapports entre entre l'art et l'environnement (global et/ou particulier), l'art et le paysage (rural ou urbain) . Une donnée apparue aux marges du travail en atelier avec Christian Astor, puis dès  la mise en place in situ de la  1ère oeuvre, le "Carrefour des Résistances" de Régine Raphoz avec le choix fait par l'artiste, d'inciter les passants à ramasser des galets et construire des cairns au pied des totems. le paysage est partie intégrante de l'oeuvre, le sol faisant charnière entre la verticalité des totems et celle des cairns.


           
Un vernissage qui s'est poursuivi par des projections au temple des Baraques...



Le choix associatif , le parti pris même d'associer la population, dans toutes ses composantes, à ce projet. Le réel enrichi par tous - un parti pris programmé et publié...


                                           

Chaque artiste a ensuite traité différemment la question... Par ordre chronologique d'entrée en scène  :

- Martine Diersé en utilisant en orgues de terre cuite le son du vent,  et en le faisant recréer  par qui souffle et joue sur les trous, dans les "sifflets" ("orgues et sifflets") ou en faisant "Ecouter la mer" oreille contre ouverture/coquillage de la stèle, en "Mouvances"...


Les "Sonnailles", orgues de bambous créés par la population,
très sonores & lieu d'un spectacle théâtral interrogeant l'histoire...



Le travail de la terre de Martine Diersé pour Eoliens -orgues&sifflets


Les Eoliens - orgues & sifflets...


Plus loin sur le parcours que ces orgues de Combier, après être passé devant le "Demain c'est loin" de Pablo Garcia, une nouvelle oeuvre de Martine Diersé - Mouvances. Là aussi beaucoup de monde lors de l'inauguration et des journées du patrimoine, et l'appui du 1er spectacle théâtral travaillé avec Christian Bontzolakis. Le rôle médiationnel & participatif de ce travail...










Le schéma d'une démarche  pédagogique


Suites ou accompagnement : un  travail de l'image en EPN 
pour  préparation du B2i... Voir le calameo 


 V. Les textes créés par tous et retenus
par Christian Bontzolakis


voir le calaméo 
.                                      











Deuxième oeuvre de Pablo : la pose d'un énigmatique panneau d'autoroute où la  référence à une chanson du groupe "I am" épaissit  le mystère, "Demain c'est loin"… et l'interview explicatif de Pablo Garcia...

Un panneau qui sera affiche d'une restitution en Angle Art contemporain (Saint-Paul-Trois-Châteaux) de la résidence effectuée à Saint-Apollinaire-de-Rias dans le cadre du projet collectif "mémoire de clandestinités.

             


Un panneau volé une fois, vandalisé une autre - à l'époque où fut taguée l'oeuvre de Yannisch  Kapoor à Versailles- est implanté dans un lieu proche de Monchal, hameau de Saint-Basile où furent cachés les Schlenker en 1944.

Outre le travail de Pablo, cette pancarte, mais aussi son armoire restitutive  du travail de sa résidence "Mémoire de clandestinité", celui d'une doctorante en sciences de la communication, Delphine Forestier, qui travaille particulièrement la photo, sous la houlette de Pierre Morelli, maître de conférence à Metz.

Nombre d'entretiens - conduits ou non à plusieurs voix, joints ou on - sur le terrain... Ceux-ci et nombre d'activités de médiation sont publiées, la plupart du temps sur le blog dédié - mais donnant lieu, aussi, parfois,  à d'autres types de publications, notamment pour "mémoire". Où il apparait que l'Ardèche a été terre de résistance et d'accueil, même pour des conflits dans lesquels elle n'était pas directement engagée - et même si parfois l'accueil des réfugiés a été scandaleux (cf camp de Chomérac, pour femmes, enfants et vieillards fuyant le franquisme).
                                   
Et, très forte,  la participation, conjointe, en  un tout autre registre, celui de l'histoire des mouvements rébellionnaires au 18ème siècle, de Jean Nicolas, historien, professeur honoraire d'Université et de Tallagrand, artiste. Où l'approche d'une même période historique, en un même lieu,  de deux points de vue non seulement différents mais, de plus,  non complémentaires car totalement hétérogènes, induit,  avec des modes de pensée différents, des pratiques spécifiques bien définies, comme le montrent  le texte de Jean Nicolas et le très riche interview de Tallagrand.




                                   



                                          













                                                   


Lire le calaméo   et découvrir la brochure aux Baraques.







Un document d'une rare qualité. Des textes  à lire en salles, étapes intégrées au Parcours d'art. Didier Tallagrand par son ponton qui est aussi tête  de réseau numérique du parcours, interro-geant  les ères passées et faisant réfléchir par son inquiétante vidéo  - moins humoristique qu'il n'y parait - accessible  par  QR-code,  offrant  de  plus  l'accès direct à chaque lieu.. Et la carte interactive des  Inforoutes qui  situe  chaque étape et ouvre l'accès au descriptif...  
Ponton, qui a beaucoup fait parler...










- En salles des Baraques, Camboulive interrogeant l'identité de "l'Ardéchois d'ici" en 142 étapes- en cartes ou vidéo. Camboulive  toujours, décomposant trois photos en pixels et questionnant le paysage (châtaigniers, chers à Paulette, champ de blé sous le vent, eau du cours de la Dunière). Un triptyque qui fascine les visiteurs de 8 mois à 107 ans sans utilisation de robots en ces étranges "Papillons verts". Il y a aussi, en Spirales, les escaliers d'Odessa, l'effacement d'un visage, résultat d'une plus récente résidence en Lozère - un effacement qui ne laisse que sa mystérieuse densité...




Salles où se voient également des oeuvres de Tallagrand réalisées suite à son séjour en ce Japon où la lave est noire, ou ces cartes/masques produits d'un travail qui a concerné plus de 170 personnes de ce plateau... et diverses vidéos... Et la lisibilité d'un médiationnel contrôlé par l'artiste. Accès aussi par le le site aux expositions de Patrick Maury, à des lectures diverses de poètes, à des textes amateurs qui font la richesse du médiationnel... A la musique aussi, l'extraordinaire rencontre, en cherchant Henri Chopin, avec  Frédéric Acqaviva... La participation à une oeuvre du musicien qui nous vaudra les honneurs d'une première aux Etats-Unis et surtout une très riche approche de la musique contemporaine...

                 
Une des cartes du jeu de Tallagrand. Des cartes explorées
& utilisées  par la danse plus que par le jeu traditionnel...
Des oeuvres - jeu de cartes - non signé ou signé- brochure oeuvre d'art Nicolas/Tallagrand sont visibles en Bibliothèque/EPN  et peuvent s'y emprunter. Quant au ponton qui a tant fait parler et stimulé la réflexion, il est tête de réseau in situ (QR) accessible par QR-code mais se trouve enrichi par une étrange vidéo de l'artiste. (A noter la richesse du travail avec entreprises communale ou non communale mais dont le chef de travaux est, lui, de la commune, 



La dimension "Parcours d'art" a été précoce ; c'est en juillet 2009 que Christian et Edith Pourchaire, Misha Brousté, étaient venus travailler avec nous sur la conception du Parcours d'art...et sur l'appel à projet "Mouvances" cf l'article d'Edith  et les belles photos de Misha....

- Différente, bien sûr, une très vieille église romane, des débuts du roman - Une très belle petite église qui ne pouvait être laissée  à l'écart du Parcours d'art... Des interrogations toujours ouvertes par contre quant aux projets et au travail de ceux qui l'ont conçue et réalisée... bien avant le roman saintongeais comme semblent le dire sa taille et sa sobriété...... Une réalisation lointaine certes mais des questions qui se posent toujours au visiteur d'aujourd'hui,  sur le rapport de ces  bâtisseurs à la religion et à l'histoire, mais aussi à l'art, à l'architecture, au questionnement philosophique du réel.

                                     
L'église romande du "Village"
(la commune étant archipel de hameaux et fermes...)
---
Lorraine Chenot, actuelle présidente du Parc a été à l'origine du 1er parcours d'art en Ardèche, dans le sud de celle-ci, "Sur le sentier des Lauzes"..  Sont très vite entrés en scène  celui du centre Olivier de Serres avec Alain Juton, puis celui de Jaujac "Sur mon chemin un artiste passe", avec Christian Pourchaire. A noter que nous nous sommes inspirés de ce travail, il y a des années,  pour initier le Parcours d'art de Saint-Apollinaire-de-Rias. Ensuite, plusieurs rencontres  dans le cadre des réunions des structures de l'art contemporain en Ardèche organisées chaque année par le Département sous la houlette d'Arzel Marcinkowski, et quelques autres rencontres - dans le cadre du PNR surtout  lorsqu'il s'agissait de culture. Des points de vue partagés, notamment en ce qui concerne  les liens à promouvoir entre démarchesculturelles descendantes et ascendantes. Ce pourquoi on a pu parler de parcours "enrichi par tous"


De plus,  un groupe conséquent s'était aussi déplacé à Jaujac pour étudier, avec Christian Pourchaire, le Parcours d'art de Jaujac, à partir des locaux du PNR, mais aussi dans la ville, les montagnes et rivières - un parcours d'art se développant alors chaque année... Des oeuvres pérennes et des oeuvres éphémères (y compris sur l'eau)... Un très beau travail de création, coordination et pédagogie.

C'est sur cette lancée, que  Christian Pourchaire et leur  amie artiste photographe sont venus à Saint-Apollinaire pour nous aider à déterminer des lieux propices à la réception d'oeuvres -relief, couleurs, champ visuel à partir de l'oeuvre, et visibilité de celle-ci. Une étude de conception approfondie prenant en compte volets artistique et médiationnel et volet randonnée - ce dernier enrichi ces dernières années par la qualité du travail in situ effectué par un groupe de travail fort de l'expertise de chacune et chacun, et de la publication, par Jean-Marie Mengin, de ses carnets de randonnées et voyages, avec présentation de ce travail en blog et exposition à Chalencon puis aux Baraques - d'extraits de pages  du GR65 Camino francès,  et mise en relief de leurs interactions.

Deux des lieux retenus avec Christian Pourchaire n'ont pas -ou pas encore-  été utilisés. Ils se situent sur le parcours de randonnée intrinsèquement lié au parcours d'art et pour lequel un remarquable travail a été fait par l'équipe qui a conçu et mis en place le balisage. L'un se situe en bordure du chemin qui monte du village à Combier, l'autre sur celui qui relie les locaux municipaux des Baraques au Ponton.

De nombreuses visites ont aussi été faites à proximité de Saint-Agrève et Devesset où une immense galerie animée par des galéristes de Rotterdam alliait expositions temporaires (généralement d'artistes des Pays nordiques et scandinaves, ou japonais) et  parc ou Parcours de sculptures installées en plein air... D'autres à la maison des Roches (St-Agrève) où les Simon établissent des liens entre expositions d'art contemporain en salle et installations d'oeuvres sur la pelouse...

Il y a eu aussi ces expositions annuelles à Cheyne, toujours sur le plateau, où arts plastiques et poésie se sont mutuellement interrogés et enrichis.

Et une valorisation de ce travail par l'écriture dont nous venons de découvrir l'écho et  la mise en mémoire  que lui avait donnés la Bibliothèque nationale de France liant versants "auteur", "directeur de publication", "illustrateur" et "rédacteur"...  Une reconnaissance du fonctionnement "type médiathèque" de la Bibliothèque et de l'EPN, enrichi du travail de médiation artistique, littéraire et philosophique conduit par l'association Les Rias, avec l'intervention d'artistes engagés dans un travail de création et recherche, authentique et reconnu.(1)

Les CDDP et CRDP (liés au Ministère de l'Education Nationale et devenus réseau Canopée)  ont insisté sur l'apport culturel, formateur et éducatif de ces parcours d'art, dans le rapport notamment entre oeuvres et paysages - rapport souvent abordé à partir du Land Art. Une parenté à ne pas négliger effectivement et qui pourrait justifier un retour à Vassivière  : oeuvres dans l'île et dans l'eau, comme cette spirale de Goldsworthy qui change de forme suivant la montée ou la baisse de l'eau - d'une immense qualité...  et, au centre de l'île, les bâtiments avec une grande salle d'exposition et des cabines de projection.   


Un exemple  Vassivière, qui nous a tout naturellement conduits à cette intégration des salles des Baraques au parcours d'art communal. ( Sans omettre d'autres références, de celles déjà citées à celle des lignes de Nazca au Pérou, même s'il faut, pour les voir,  emprunter un petit avion, et si le" musée" est bien plus petit que les salles.)

Nouveau regard sur le monde, nouvelles relations avec le réel,  modifications du réel, de l'espace-temps, en y agissant.... Construction de la pensée, aptitude à se poser des problèmes, à construire des réponses...

Une intervention décisive de l'art depuis l'origine de l'humanité  (cf la gravure de l'éruption volcanique et des coulées de lave en grotte Chauvet...) Et particulièrement utile en cette ère de l'anthropocène où les scientifiques les plus sérieux s'interrogent sur le devenir de la vie humaine sur cette planète, ou du moins de milliards de personnes, et ce, d'ici quelques générations.

N'est-ce une question posée, notamment, par le Land Art quand s'enfonce comme vrille  dans les eaux du lac de Vassivière une sorte de digue semblant s'enrouler sur elle-même ?

On ne saurait ne pas citer le beau projet artistique du PNR  des Monts d'Ardèche -posant  la Ligne de partage des Eaux  en interrogeant son existence et son identité par l'art, ce à quoi la création  d'Echappées, à laquelle nous participons, avec le très fort et dense projet de Sébastien Camboulive, confère un nouvel enracinement local reliant le contemporain au temps de vie et travail artistiques des habitants de Chauvet... Quand étaient en activité les volcans d'Ardèche.

Nous n'avons pu concevoir  plus précisément le sens de ce projet que ce 10 juin 2016, lors d'une réunion à l'Hôtel du Département avec la Direction départementale de la culture, le PNR des Monts d'Ardèche et l'ensemble des structures de l'art contemporain en Ardèche retenues comme Echappées.(2)

Des éléments d'information, de réflexion, une dimension artistique mais aussi cognitive et philosophique, sinon politique  - au sens large du terme - qui demande un temps de recul - ne serait-ce que pour appréhension, synthèse et prospection  nécessaires à la conception d'un travail qui, par delà le projet de l'artiste, exige, plus largement, une réflexion approfondie en divers domaines des sciences humaines...

Une réunion avec tous les artistes du Parcours d'art serait bienvenue si elle peut s'organiser, s'ils sont disponibles,  et si nous avons les moyens matériels et budgétaire de son organisation...

Par ailleurs une randonnée est prévue par Les Rias, sur un lieu de ligne de partage des eaux - vraisemblablement la Vestide du Pal, pour appréhension in situ, par chacun, de ce qu'est cette ligne, et éventuellement, dans les jours qui suivent, écriture par chacun de son ressenti de cette marche, des échappées réflexives ou oniriques éventuelles, au rythme de la marche ou  d'éléments de paysages qui parlent... En toute liberté...

Il est aussi possible de découvrir en EPN le Parcours d'art de l'estuaire de la Loire, le Land Art de Vassivière...   ou  d'autres lieux...

Par ailleurs, en ce qui concerne les liens entre randonnées et voyages, vie quotidienne des gens et des paysages, marques des diverses ères, nous vous conseillons la lecture des blogs de Jean-Marie Mengin, relatifs aux GR parcourus mais aussi à ces très riches carnets de voyage en lesquels s'inscrit aussi l'histoire, permettant de mieux appréhender le monde actuel - de l'Europe à la Nouvelle Zélande en passant par l'Amérique - du nord ou du centre... Architecture, vie quotidienne, administration, histoire, traitement de l'environnement, art...
A suivre... cf liste de ces blogs de GR  et carnets de voyages  en message  suivant...

Jacqueline Cimaz  




1. Cf l'abbaye de Frontevault, lieu de séminaires - notamment en sociologie et philosophie de l'Education, et d'histoire... Où Jeanne Gailhoustet  a travaillé sur les traces des têtes des condamnés à mort sur les murs des cellules. Une exposition  découverte chez les Simon, à la maison des Roches, au Chambon-sur-Lignon, il y a quelques années...

2. Un  travail, de  plus, était  amorcé avec  Virginie  Pringuet, doctorante,  qui,  pour nous,  avait  de surcroît, valeur  de  réflexion  sur  les parcours d'art, et  dont nous regrettons qu'il ait été brutalement interrompu dans  des circonstances  ne mettant eu cause ni sa qualité, ni son sérieux, ni son coût. Il en va de même pour celui qui était prévu avec Jean-Pascal Dubost,  créateur  et  chercheur  en poésie et écriture. Hier encore, Geneviève Greco,  responsable de la commission "Publications" des Rias, avait sorti  et  relisait,  pour  qui  voulait  l'entendre,  des  textes  écrits par les participants du dernier atelier d'écriture de Jean-Pascal aux Baraques. Ce, il y a pas mal d'années...

Jean-Pascal Dubost,  François Boddaert,  Patrick Maury,  Anne Segal, Bruno Grégoire, Obsidiane

Obsidiane, toujours là.  Astor... 
Des apports stratifiés qui continuent à vivre...


NB. Nous ont aidés dans ce projet  :
- le  Ministère de la culture  (classement en 2015 de ce parcours d'art au patrimoine européen de l'art contemporain du XXIème siècle),
- la Région Rhône Alpes, pour les divers lieux,
- le CDRA ValDac, 
- le Département de l'Ardèche, 
- les  communes   de  Saint-Apollinaire de Rias,  Saint-Jean-Chambre,  Saint-Basile, Châteauneuf-de-Vernoux, Saint-Julien-le-Roux, Saint-Maurice-en Chalencon, 
- divers sponsors privés dont Véolia environnement, 
- le  PNR  des  monts  d'Ardèche (classement  de  ce  parcours  en  tant  qu'Echappée du grand projet artistique portant sur la ligne de partage des eaux.)
- et nos amis artistes ou auteurs...